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Affichage des articles associés au libellé Champignons

Muriel : le repas comme masque

C'est Sabine Azéma, sa dernière compagne, qui nous confie(1) les rapports particuliers d'Alain Resnais avec la table : "Je n'ai pas de convives plus gourmands et affamés que lui ! Il apprécie les plats, il aime qu'il y ait des convives et qu'on soit peu. A une grande table on ne l'entendra plus. Deux invités, pas plus, dans l'idéal. Le mieux : une personne ou un couple, parce qu'il préfère voir les gens un par un pour profiter de la personne." Resnais appartient donc, tout comme ses collègues de la Nouvelle Vague Rohmer et Chabrol, à la famille des cinéastes de la fourchette. Et cela se voit dans ses films. Prenons Muriel, ou le temps d'un retour . De nombreux plans mettent en scène le repas, en intérieur ou au restaurant. 15e minutes du film. Nous avons autour de la table : une femme et un homme qui furent amants il y a 20 ans avant de se perdre de vue; une jeune fille que l'homme fait passer pour sa nièce alors qu'elle est clairem...

Morning Glory : on veut plus de frittata

Les scénaristes sont parfois un peu fainéants. Quand leur personnage doit cuisiner quelque chose sur le pouce, c'est souvent une omelette : Columbo , Phantom Thread , Cartel , Ratattouille , À Table , Les Recettes du Bonheur , etc.  Rapide, facile, nécessitant peu, permettant à tout un chacun d'exprimer sa créativité en ajoutant à loisir les ingrédients de son choix (comme des champignons vénéneux dans Phantom Thread ), l'omelette est la star des cuisines dans les films.   Dans Morning Glory , comédie sans saveur située dans l'univers des émissions matinales à la télévision, le personnage d'Harrison Ford est un ex-grand reporter blasé de finir sa carrière à co-présenter un TV show aux audiences en berne.  Pourtant, le film se différencie du tout-venant en faisant cuisiner Harrison Ford non pas une omelette, mais une frittata ! Comme sa cousine, la frittata est à base d'œufs et se prépare à la poêle. Toutefois, elle se démarque par sa fin...

Phantom Thread : omelette de la mort

Un welsh rarebit, avec un œuf poché dessus. Du bacon. Des scones. Du beurre. De la crème. De la confiture, mais pas à la fraise. Du thé, Lapsang. Et quelques saucisses.  Quand il petit-déjeune dans ce restaurant sur la côte, après avoir roulé toute la nuit, Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), commande pour quatre. Un appétit gargantuesque tranchant avec son personnage d’austère couturier. Pourtant, la veille, lors du petit-déjeuner, Reynolds avait envoyé paître sa compagne lorsque celle-ci lui proposa une simple brioche : « N’oublie pas ce que j’ai dit, Johanna. Je ne veux plus de choses indigestes » , cingla-t-il, sans lever les yeux de son carnet à dessins. La pauvre sera congédiée le jour même. Le spectateur, lui, est prévenu : les appétits contradictoires de Woodcock Reynolds ne sont que l’élégante manifestation d’un égoïsme le plus crasse. Retour au restaurant. Alma (Vicky Krieps), serveuse, est intriguée par cet homme si chic ...