Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé Viande

Margin Call : le repas des dieux

[Post contenant des spoilers] C'est l'une des dernières scènes du film. Sam Rogers (Kevin Spacey), chef de service des traders, rejoint John Tuld (Jeremy Irons), le N°1 de la banque d'affaires. Ce dernier a décidé de vendre tous leurs actifs toxiques, quitte à provoquer une crise majeure sur les marchés. Au sommet de la tour new-yorkaise, depuis son empyrée de verre et d'acier, il mange un copieux repas, contemplant le monde des mortels ignorant encore le drame financier en train de se jouer. Rogers fait par à Tuld de ses états d'âme et de son souhait de quitter de la banque. Tuld, figure du capitalisme le plus sauvage, n'a pas l'appétit coupé. Il continue de mastiquer, expliquant que ce qu'ils font n'est pas "mal" et que cela a toujours été ainsi. Les crises se succèdent et "on y peut rien": "Il y a toujours eu et il y aura toujours le même pourcentage de gagnants et de perdants, des plus riches et des plus pauvres,...

Morning Glory : on veut plus de frittata

Les scénaristes sont parfois un peu fainéants. Quand leur personnage doit cuisiner quelque chose sur le pouce, c'est souvent une omelette : Columbo , Phantom Thread , Cartel , Ratattouille , À Table , Les Recettes du Bonheur , etc.  Rapide, facile, nécessitant peu, permettant à tout un chacun d'exprimer sa créativité en ajoutant à loisir les ingrédients de son choix (comme des champignons vénéneux dans Phantom Thread ), l'omelette est la star des cuisines dans les films.   Dans Morning Glory , comédie sans saveur située dans l'univers des émissions matinales à la télévision, le personnage d'Harrison Ford est un ex-grand reporter blasé de finir sa carrière à co-présenter un TV show aux audiences en berne.  Pourtant, le film se différencie du tout-venant en faisant cuisiner Harrison Ford non pas une omelette, mais une frittata ! Comme sa cousine, la frittata est à base d'œufs et se prépare à la poêle. Toutefois, elle se démarque par sa fin...

Kill Bill Vol 1 : Tarantino, ce gros gourmand

Reservoir Dog , premier film de Tarantino s'ouvre sur une scène de petit-déjeuner entre une bande de malfrats, annonçant déjà le fétichisme du réalisateur pour la bouffe. Voici une lise de ce que celle-ci peut signifier chez lui : - Une caractérisation des personnages : la délicate et innocente Maria de Medeiros demande une tarte à la myrtille à son petit ami, Bruce Willis, dans Pulp Fiction ;  le dialogue de Steve Buscemi, dans Reservoir Dogs , sur son refus de laisser un pourboire, illustre son pragmatisme ; le policier tenace interprété par Michael Keaton dans Jackie Brown  est un évidemment un viandar. - Une relation de pouvoir et de principes : Pa Mei interdisant à Uma Thurman de manger son bol de riz avec les doigts dans Kill Bill Vo. 2,  ou Hans Landa ordonnant à Mélanie Laurent d'attendre la crème avant de goûter à son strudel dans Inglourious Basterds . - Un moyen d'établir une complicité... : Harvey Keitel proposant un taco à son futur poto Tim Roth da...

Les meilleures répliques de films sur la bouffe (1)

« Moralité, je me suis bourré de pistaches comme un con »  Jean-Pierre Bacri, Cuisine et dépendances « Comment est votre blanquette ? »  Jean Dujardin, OSS 117 : Le Caire, nid d’espions « Ça doit être les moules qui sont avariées » , Benoit Poelvoorde, C’est arrivé près de chez vous « Spartiates ! Mangez vos victuailles avec appétit... car nous dînerons en enfer ce soir ! » Léonidas, 300 « Tu es bella comme la papaya »  Stuart, Les Mignons « Dis, on t’as jamais appris à manger avec la bouche fermée toi ? C’est à toi qu’je cause hein ! J’ai l’impression d’être à côté d’un camion poubelle qui travaille moi, ici ! Conasse va ! » François Damiens, Dikkenek « Laisse le flingue, prends les cannelloni »  Peter Clemenza, Le Parrain « Il doit y avoir une erreur, vous m’avez donné accidentellement la nourriture que ma n...

Delicatessen : Carnistes Vs. Vegans

Nous avions déjà parlé ici ou là de cannibalisme. Maintenant, on s’attaque à une pièce de choix avec le Delicatessen de Jeunet et Caro. Dans un monde post-apo, un concierge (Dominique Pinon) prend ses quartiers dans un immeuble isolé en banlieue. L’endroit se révèle très particulier : le boucher (Jean-Claude Dreyfus), dont l’échoppe est sise au rez-de-chaussée, à la mauvaise habitude de découper en viande fraîche chaque nouveau concierge. Et ce, afin de nourrir le reste de l’immeuble. Pour ne pas mourir de faim, autant manger son voisin !   D’un côté, il y a donc les carnistes, qui ont un peu de compassion pour leur bifteck, avant de nouer leur serviette et d’avaler goulûment leur assiette. Il y a la fille du boucher, qui s’éprend du concierge, serait flexivore : OK pour manger de la viande, mais pas tout le temps et quand même pas le nouveau voisin du 5 e , surtout s’il est aussi gentil que Dominique Pinon. De l’autre côté, il y a les Troglodistes, végétari...

eXistenZ : Nouvelle cuisine

Sorte d'anti-matrix, eXistenZ suit une conceptrice de jeux vidéo (Jennifer Jason Leigh) et  son frêle garde du corps (Jude Law), tous deux poursuivis par une secte terroriste baptisée les Réalistes, dans différentes strates de la réalité virtuelle.  Le film perdant peu à peu les spectateurs dans un vertigineux jeu de mise en abyme réalité/jeu vidéo/fiction/cinéma.  La connexion dans le monde virtuel se fait grâce à un "bioport", c'est-à-dire un trou percé dans le bas du dos où l'on connecte son "pod" (console). Lorsque Jude Law s'inquiète  des risques d'infection de cette ouverture dans notre corps, Jennifer Jason Leigh tire la langue : notre bouche, qui sert à nous nourrir, est aussi un trou ouvert, une étrangeté du corps.  Dans un restaurant chinois (virtuel, donc), Jude Law et Jennifer  Jason Leigh commandent « la spécialité du chef » au serveur. Ce dernier apporte un plat contenant des morceaux de viandes d’organismes gé...

Game of Thrones : Game of Bouffe

(Attention, ce post contient des éléments des saisons 1 à 7) S’il y a bien une série où la bouffe joue un rôle stylistique et dramatique majeur, à l’instar de Twin Peaks, c’est évidemment Game of Thrones. La gamelle est déjà omniprésente dans les bouquins de Georges R.R. Martin, puisque qu’on dénombre au fil des pages plus de 160 descriptions de nourritures, plats, boissons et autres aliments. À Westeros (et Essos), on complote, on s’entretue, on baise, mais on gueuletonne avant tout. À chaque personnage son petit plaisir culinaire, qui évidemment renforce sa persona  : la très chic Lady Olenna Tyrell craque pour les gâteaux aux citrons ; l’affreux Ramsay Bolton est un viandard amateur de saucisse de porc ; le gâteau de mariage de Joffrey contient des colombes, que le jeune roi malfaisant ne manquera pas de zigouiller en le coupant de son épée. À Braavos, Arya Stark s’anonymise sous les traits d’une vulgaire vendeuse d’huîtres, palourdes & coques ; le...

Stargate, la porte des étoile : et mon cul c'est du poulet ?

Sur une planète toute sableuse, une équipe de militaires est télétransportée via la « stargate », porte des étoile qui donne son nom au film. Les bidasses  sont invitées à un festin par la population locale, des pouilleux du désert asservis en esclavage.  Cette scène de « Beurk, ça a l’air dégueu ! - Taisez-vous et goûtez ! vous allez les vexer sinon.. » , a déjà été vue des dizaines de fois au cinéma. Dans le film Indiana Jones et le Temple maudit , en tête.  Dans Stargate , c’est une sorte de tapir de l’espace et carapacé qui est présenté sur un plateau. Le scientifique (James Spader) s’y colle et prend une bouchée :  « Ça a le goût de volaille... On dirait du poulet... Délicieux ! » Que ce space-tapir ait un goût de volaille n’est pas anodin. Lorsque nous, petits estomacs occidentaux, goûtons une viande qui nous est inhabituelle, mettons du serpent, du crocodile, du renne, du ragondin ou du chien...