Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé Repas

Vincent, François, Paul... et les autres : vot' gigot à la con !

Est-ce parce que, tout comme Rohmer , Claude Sautet a connu la faim durant la guerre qu'il accorde tant d'importance à la nourriture dans ses films ? Brasseries, restaurants chics, cafés où une assiette de fromages ou un œuf dur sont toujours à portée de main, agapes dominicales, petits déjeuners copieux... "Un café est un havre, et je suis trop rat des villes pour m'en passer" , aime à dire Claude Sautet. Il filme souvent les repas en plans séparés, ce qui lui permet au montage une plus grande liberté pour modifier le rythme et l'intensité de la scène. La liste des scènes de bouffe chez Sautet est longue. Mais en voici quelques-unes : - "Je viens rarement dans ce genre d'endroit, mais j'ai remarqué qu'il y a plus de personnel que de clients" chuchote Emmanuelle Béart à Michel Serrault, alors que ce dernier l'a invité dans un grand restaurant, dans Nelly et Monsieur Arnaud . "C'est ce qui en fait le prix" répond alor...

Muriel : le repas comme masque

C'est Sabine Azéma, sa dernière compagne, qui nous confie(1) les rapports particuliers d'Alain Resnais avec la table : "Je n'ai pas de convives plus gourmands et affamés que lui ! Il apprécie les plats, il aime qu'il y ait des convives et qu'on soit peu. A une grande table on ne l'entendra plus. Deux invités, pas plus, dans l'idéal. Le mieux : une personne ou un couple, parce qu'il préfère voir les gens un par un pour profiter de la personne." Resnais appartient donc, tout comme ses collègues de la Nouvelle Vague Rohmer et Chabrol, à la famille des cinéastes de la fourchette. Et cela se voit dans ses films. Prenons Muriel, ou le temps d'un retour . De nombreux plans mettent en scène le repas, en intérieur ou au restaurant. 15e minutes du film. Nous avons autour de la table : une femme et un homme qui furent amants il y a 20 ans avant de se perdre de vue; une jeune fille que l'homme fait passer pour sa nièce alors qu'elle est clairem...

Margin Call : le repas des dieux

[Post contenant des spoilers] C'est l'une des dernières scènes du film. Sam Rogers (Kevin Spacey), chef de service des traders, rejoint John Tuld (Jeremy Irons), le N°1 de la banque d'affaires. Ce dernier a décidé de vendre tous leurs actifs toxiques, quitte à provoquer une crise majeure sur les marchés. Au sommet de la tour new-yorkaise, depuis son empyrée de verre et d'acier, il mange un copieux repas, contemplant le monde des mortels ignorant encore le drame financier en train de se jouer. Rogers fait par à Tuld de ses états d'âme et de son souhait de quitter de la banque. Tuld, figure du capitalisme le plus sauvage, n'a pas l'appétit coupé. Il continue de mastiquer, expliquant que ce qu'ils font n'est pas "mal" et que cela a toujours été ainsi. Les crises se succèdent et "on y peut rien": "Il y a toujours eu et il y aura toujours le même pourcentage de gagnants et de perdants, des plus riches et des plus pauvres,...

Breakfast Club : l'incarnation par la bouffe

Pour donner corps et âme à un personnage, rien de mieux que la bouffe.  Tarantino l'a bien compris avec, par exemple, le colonel Hans Landa, dans Inglourious Basterds. Bon vivant, le personnage interprété par Christoph Waltz apprécie les petits plaisirs de la chair tels qu'un bon verre de lait ou une part d'apfelstrudel. Le fait qu'il ordonne à la jeune femme d'attendre la crème avant de déguster la pâtisserie d'origine autrichienne souligne son côté tatillon. Enfin lorsqu'il écrase sa cigarette sur l'apfelstrudel, cela montre la violence et la perversité du personnage.  Breakfast Club , teen movie par excellence où 4 élèves que tout oppose se retrouvent en colle un samedi entier, se livre à une limpide caractérisation par la bouffe, lors d'une scène de déjeuner.  Claire : "la princesse" : elle mange des sushis minutieusement rangés dans une bento box. Ce plat, moins commun et plus onéreux en 1985 qu'aujourd'hui, s...

La Main au collet : la ouich lorraine

"Je ne suis pas un gros mangeur, je suis juste gros et je mange" , aurait déclaré Alfred Hitchcock. Ses films présentent pourtant un amour considérable pour la nourriture. Il faut dire que le maître du suspense était le fils d'un grossiste en volailles, fruits & légumes qui lui transmit l'amour de la bonne cuisine. Lors du tournage de l' Étau , Philippe Noiret raconta qu'Hitch interrompit la prise pour lui demander son avis sur le pâté qu'il venait de manger. Avec son embonpoint qui le faisait complexer, mais lui permis d'avoir une silhouette reconnaissable entre mille, aussi culte que celle de Charlot ou Mr. Hulot, Hitchcock fait partie de ces réalisateur ogre. De ceux qui "dévoraient" leur actrice, les sadisant à l'envi. Dans ses films, la bouffe joue souvent un rôle de premier plan : - Dans La Corde , un cadavre est caché dans une malle sur laquelle est posé un apéro dînatoire. - Dans Pyschose , Norman Bates offre un s...

Game of Thrones : Game of Bouffe

(Attention, ce post contient des éléments des saisons 1 à 7) S’il y a bien une série où la bouffe joue un rôle stylistique et dramatique majeur, à l’instar de Twin Peaks, c’est évidemment Game of Thrones. La gamelle est déjà omniprésente dans les bouquins de Georges R.R. Martin, puisque qu’on dénombre au fil des pages plus de 160 descriptions de nourritures, plats, boissons et autres aliments. À Westeros (et Essos), on complote, on s’entretue, on baise, mais on gueuletonne avant tout. À chaque personnage son petit plaisir culinaire, qui évidemment renforce sa persona  : la très chic Lady Olenna Tyrell craque pour les gâteaux aux citrons ; l’affreux Ramsay Bolton est un viandard amateur de saucisse de porc ; le gâteau de mariage de Joffrey contient des colombes, que le jeune roi malfaisant ne manquera pas de zigouiller en le coupant de son épée. À Braavos, Arya Stark s’anonymise sous les traits d’une vulgaire vendeuse d’huîtres, palourdes & coques ; le...