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Articles

Affichage des articles associés au libellé Cuisine

Volver : la bouffe chez Almodovar

On reconnait immédiatement un film d'Almodovar par les motifs récurrents qu'il convoque : les boucles d'oreilles, les cordes, l'utilisation de la couleur rouge, les décors bleu et jaune, et bien entendu, la cuisine domestique. Dans Volver , Raimunda (Penelope Cruz) est enchaînée à sa cuisine. Quand elle rentre après une longue journée de travail, la vaisselle l'attend alors que son mari regarde le foot affalé dans le canapé. C'est dans cette cuisine que se noue le drame du film : un soir, Raimunda retrouve son mari poignardé par leur fille lorsque celui-ci a tenté d'abuser d'elle. Il faut une nouvelle fois laver le couteau, cette fois-ci maculé de sang. Mais c'est par la cuisine que Raimunda trouvera son salut. D'abord, elle cache le cadavre de son mari dans un gros congélateur du restaurant qu'un ami lui a confié la charge durant son absence. Elle décide ensuite de relancer le restaurant en accueillant une équipe de tournage pour les repas. ...

Et l'homme créa la femme : puis il créa le robot de cuisine

Roman d'Ira Levin (auteur également de Rosemary's Baby ), The Stepford Wives raconte l'emménagement d'une photographe talentueuse et de son mari dans la petite ville fictive de Stepford, dans le Connecticut, où toutes les femmes sont des épouses soumises, incroyablement belles et étrangement amorphes... Ce roman anti-macho flirtant avec la SF a connu un tel succès que l'expression "Stepford Wife", est entrée dans le langage courant pour désigner une épouse servile, fade, et qui a stoppé sa carrière professionnelle afin de céder à tous les caprices de son mari. Et l'homme créa la femme est la seconde adaptation au cinéma de cette histoire ouvertement féministe. Le générique joue avec des images de publicité des années 1950 pour robots ménagers. En ces temps-là, les marques d'électroménager prétendaient vouloir "libérer" la femme grâce à leurs produits toujours plus modernes : batteur électrique, grille-pain aux lignes épurées, four encastr...

Perfect Sense : le goût du goût

Une mystérieuse pandémie prive l'humanité de l'odorat, puis, du goût, puis les autres sens. Comment vivre avec ? Comment l'humanité s'adapte en cas de catastrophe ?  Voici l'argument de Perfect Sense , une fable qu'on ne peut regarder sans la comparer avec notre quotidien Covid-19. Une mystérieuse voix off énonce la plus terrible conséquence de la disparition du goût : "La plus grande perte, ce sont les souvenirs. L'odeur et les souvenirs sont liés. La cannelle rappelle un tablier de grand-mère, l'odeur de foin coupé, la peur qu'on avait des vaches. Sans odeur, un océan d'images du passé disparait." Les enjeux dramatiques du film sont matérialisés à travers la relation amoureuse, à Glasgow, entre le chef de restaurant Michael et l'épidémiologiste Susan. Les scènes dans la cuisine de Michael nous rappellent alors que la nourriture, outre sa réponse à un besoin primaire, demeure une stimulation des sens. Lorsque le goût et l'od...

Malcolm & Marie : le mac' n cheese de la tristesse

Malcolm, réalisateur et scénariste, revient de l'avant-première de son film et se lance dans un débrief' de la soirée avec Marie, sa petite amie, elle-même actrice - bien qu'elle n'ait pas joué dans le film de son compagnon. Marie lui prépare un mac' n cheese. Soit des macaroni au fromage, confort food par excellence de nos amis américains. Mais à l'écran, quelque chose ne va pas. Les gestes sont brusques. Le montage est heurté. Un malaise s'installe progressivement. La discussion n'est plus badine. Marie semble avoir des reproches envers Malcolm. Ce mac' n cheese, ce n'est pas le plat qu'une femme prépare avec tendresse à son amoureux. C'est la démonstration de Marie qu'elle se sent rabaissée à un statut d’accessoire, de trophée, de simple "jolie copine du réalisateur." Puisqu'il n'a pas su voir en elle l'actrice quelle est, et lui proposer le rôle pour son film, elle se conforme à l'image qu'il se fait...

Always : peintures de guerre et blague à tiroir

Dans ce drama où un pompier de l'air décédé en mission revient hanter son ancienne amoureuse, et conseiller depuis l'au-delà le nouvel amant de celle-ci, le feu de forêt est combattu sans relâche. Les femmes et les hommes engagé s dans cette lutte portent des "peintures de guerre" sur leur visage, signe de leur bravoure : suie et cendre pour les pompiers, cambouis pour les mécaniciens et pilotes de la base aérienne. Dorinda, contrôleuse du ciel et, sans mauvais jeu de mot, un peu tête brûlée sur les bords, ne s'est jamais intéressée à la cuisine. Aussi lorsqu'elle veut recevoir à diner le beau pilote sur qui elle a des vues, elle se fait livrer une dinde déjà cuite, se contentant de préparer l'accompagnement. La cuisine est sens dessus dessous, les murs retapissés, et Dorinda renverse volontairement de la farine un peu partout. Devant la glace, elle va même jusqu'à se barbouiller les joues de purée de pomme de terre. Des peintures de guerre ! Souvenez...

Gremlins : la libération de la ménagère

Ce n'était pourtant pas compliqué. 1/ Ne pas l'exposer à une lumière vive ou au soleil 2/ Ne pas le mouiller 3/ Ne pas le nourrir après minuit. Pourtant, un verre d'eau renversé et une assiette de poulet frit auront tôt fait de transformer le gentil Mogwaï en une armée d'horribles Gremlins. Leur principale activité : saboter la magie de Noël en organisant un chaos sans nom. La première véritable apparition des Gremlins dans le champs de l'image, suivit du premier affrontement, ne se fait pas dans la chambre de l'ado où ils sont sortis de leurs cocons visqueux, mais dans la cuisine. Il s'agit là d'une autre transgression : en envahissant la cuisine - cœur du foyer domestique américain, et donc universel - le Gremlin renverse une échelle de valeur. La mère va devoir se battre pour reconquérir son espace domestique - on notera au passage la connotation sexiste de cet énoncé. Ses outils de cuisine seront ses armes. Ainsi un Gremlin sera broyé dans le mixeur,...

La Grande Cuisine : meurtres en cuisine

Quatre ans avant Rambo (1982), le canadien Ted Kotcheff réalisait cette comédie aujourd'hui un peu oubliée. Rien ne va plus dans le landerneau de la haute cuisine : les plus grands cuistos d'Europe sont zigouillés l'un après l'autre. L'assassin pousse même le vice à mettre en scène chacun de ses meurtres selon le plat signature du chef. L'un sera cuit au four, l'autre finira noyé dans l'aquarium parmi ses homards, le troisième est écrabouillé dans sa presse à canard... Seven avant l'heure !    Cette comédie policière "à l'anglaise" se moque de l'égo de ces chefs-stars. Un égo déjà aussi gros que l'appétit du ventripotent Max Vandervere, célèbre critique gastronomique dans le film. D'ailleurs ce dernier tire une fierté particulière de son surpoids : "J’ai forgé mon destin à la force de la fourchette. Je suis une œuvre d’art créée par les plus grands chefs du monde. Chaque bourrelet, un coup de pinceau ; chaque capiton...

La Main au collet : la ouich lorraine

"Je ne suis pas un gros mangeur, je suis juste gros et je mange" , aurait déclaré Alfred Hitchcock. Ses films présentent pourtant un amour considérable pour la nourriture. Il faut dire que le maître du suspense était le fils d'un grossiste en volailles, fruits & légumes qui lui transmit l'amour de la bonne cuisine. Lors du tournage de l' Étau , Philippe Noiret raconta qu'Hitch interrompit la prise pour lui demander son avis sur le pâté qu'il venait de manger. Avec son embonpoint qui le faisait complexer, mais lui permis d'avoir une silhouette reconnaissable entre mille, aussi culte que celle de Charlot ou Mr. Hulot, Hitchcock fait partie de ces réalisateur ogre. De ceux qui "dévoraient" leur actrice, les sadisant à l'envi. Dans ses films, la bouffe joue souvent un rôle de premier plan : - Dans La Corde , un cadavre est caché dans une malle sur laquelle est posé un apéro dînatoire. - Dans Pyschose , Norman Bates offre un s...

Morning Glory : on veut plus de frittata

Les scénaristes sont parfois un peu fainéants. Quand leur personnage doit cuisiner quelque chose sur le pouce, c'est souvent une omelette : Columbo , Phantom Thread , Cartel , Ratattouille , À Table , Les Recettes du Bonheur , etc.  Rapide, facile, nécessitant peu, permettant à tout un chacun d'exprimer sa créativité en ajoutant à loisir les ingrédients de son choix (comme des champignons vénéneux dans Phantom Thread ), l'omelette est la star des cuisines dans les films.   Dans Morning Glory , comédie sans saveur située dans l'univers des émissions matinales à la télévision, le personnage d'Harrison Ford est un ex-grand reporter blasé de finir sa carrière à co-présenter un TV show aux audiences en berne.  Pourtant, le film se différencie du tout-venant en faisant cuisiner Harrison Ford non pas une omelette, mais une frittata ! Comme sa cousine, la frittata est à base d'œufs et se prépare à la poêle. Toutefois, elle se démarque par sa fin...

Les meilleures répliques de films sur la bouffe (1)

« Moralité, je me suis bourré de pistaches comme un con »  Jean-Pierre Bacri, Cuisine et dépendances « Comment est votre blanquette ? »  Jean Dujardin, OSS 117 : Le Caire, nid d’espions « Ça doit être les moules qui sont avariées » , Benoit Poelvoorde, C’est arrivé près de chez vous « Spartiates ! Mangez vos victuailles avec appétit... car nous dînerons en enfer ce soir ! » Léonidas, 300 « Tu es bella comme la papaya »  Stuart, Les Mignons « Dis, on t’as jamais appris à manger avec la bouche fermée toi ? C’est à toi qu’je cause hein ! J’ai l’impression d’être à côté d’un camion poubelle qui travaille moi, ici ! Conasse va ! » François Damiens, Dikkenek « Laisse le flingue, prends les cannelloni »  Peter Clemenza, Le Parrain « Il doit y avoir une erreur, vous m’avez donné accidentellement la nourriture que ma n...

Always be my maybe : Hungry Keanu

C’est par la bouffe que Keanu Reeves devint (malgré lui) une star du web. Souvenez-vous, c’était en 2010. Une photo prise par un paparazzi montrait l’acteur seul sur un blanc en train de manger un sandwich. Le cliché se muta rapidement en mème, baptisé Sad Keanu . Presque 10 ans plus tard, Keanu est de nouveau le chouchou d’internet. Mais pour de meilleures raisons : John Wick cartonne, il apparaît dans un jeu vidéo et dans Toy Story 4. Et de nombreuses vidéos prises pas des quidams montrent l’acteur accessible, simple, toujours prêt à prendre un peu de temps pour ses fans.     Always be my maybe est une rom-com racontant les retrouvailles, 15 ans plus tard, de deux amis d’enfance qui seraient peut-être passé à côté d’une belle et grande histoire d’amour... L’intérêt principal du film est la présence de Keanu Reeves jouant... Keanu Reeves. Non pas la version un peu absente mais toujours affable qu’on connaît de lui. Non. Une version intense, niaise et m...