Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé Nouilles

The Host : manger avec les absents

Si Bong Joon-ho est le cinéaste de la monstruosité sous toutes ses formes (un tueur dans Memories of Murders , une créature aquatique dans The Host , notre alimentation dans Okja  ou même le corps social dans Snowpiercer et Parasite ), il est aussi celui de la nourriture. Parasite pourrait faire l’objet d’un post à lui seul. Mais concentrons-nous sur The Host .  Bienvenue chez les Park, famille coréenne dysfonctionnelle. Gang-du, père looser au grand cœur, tient un snack au bord d’une rivière de Séoul. Il élève seul la petite Hyun-seo depuis que la mère a foutu le camp à la naissance de leur fille. Gang-du a une sœur championne ratée de tir à l’arc et un frère universitaire ès chômage longue durée. Le grand-père, seule figure solide, colmate du mieux qu’il peut les fissures de chacun.  Un tragique événement va pourtant ressouder cette famille : l’enlèvement de la fillette par un affreux monstre marin sévissant dans la rivière. Gang-du manque plus...

In The Mood For Love : passion autocuiseur

On se rappelle tous de cette histoire d’adultère dans le Hong Kong chatoyant du début des années 60 : les qipaos parfaitement ajustées que porte Mme Chan (Maggie Cheung) et les volutes de fumée des cigarettes de Mr Chow (Tony Leung) ; leurs corps se frôlant au ralenti ; les scènes du quotidien dans l’immeuble communautaire où vit la diaspora shanghaïenne ; cette mousson de fin journée qui suspend le temps et fige les corps ; les regrets d’un amour manqué accompagnés par le violon mélancolique du Yumeji’s Theme composé par Shigeru Umebayashi. Mais tout cela devait être un film légèrement différent.  Wong Kar-wai avait plutôt en tête un film centré sur une invention technologique révolutionnant la société chinoise : l’autocuiseur.  Dans l’une des versions du scénario, la femme de Mr. Chow était une écrivaine talentueuse. Elle demeurait confinée à la maison pour s’occuper des repas, activité ô combien chronophage. Au début du film...

Blade Runner 2049 : Space marmite

 L’avenir proposé par Blade Runner , de Ridley Scott, est bien morose - villes surpeuplées, insalubres et battues par des pluies torrentielles -  et encore moins alléchant. Quand Rick Deckard (Harrison Ford) n’est pas en train de traquer les réplicants (comprenez, les humanoïdes), il noie sa solitude dans le whisky.  Côté nourriture, à peine le voit-on attablé au comptoir crasseux d’un noodle bar . Il n’aura guère le temps d’avaler une bouchée puisque des policiers l’emmènent pour une convocation urgente. Deckard abandonne à contrecœur ses nouilles. De toute façon, elles avaient l’air bof. Avec Blade Runner 2049 , de Denis Villeneuve, ce n’est toujours pas la joie dans nos assiettes. L’agent K (Ryan Gosling) se nourrit de sachets de cubes qui, par on ne sait quel prodige, deviennent un gros plat de nouilles (encore !) après leur passage à la casserole. Sa petite amie virtuelle lui mitonne alors une belle pièce de viande accompagnée d’une généreuse fe...