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Articles

La Bûche : tout savoir sur la bûche

Et la bûche ! T'as vu ce qu'elle nous a pompé avec la bûche !!! (Charlotte Gainsbourg) Trois sœurs (Sabine Azéma, Charlotte Gainsbourg et Emmanuelle Béart) immiscibles comme l'eau et l'huile se retrouvent pour le réveillon de Noël et tentent de réunir leur parents divorcés (Claude Rich et Françoise Fabian). Ajoutons une galerie d'amants, de maris, d'amis, de femmes trompées et on obtient un double-produit relevant du "film choral" et du "film de Noël." Succès populaire, césar du second rôle pour Charlotte Gainsbourg, à la revoyure La Bûche a plutôt bien vieilli. Une bûche de Noël, c'est comme une comédie : ça demande de la technique, de la subtilité, et ça provoque l'indigestion si c'est raté ou si l'on en abuse. Mais connaissez-vous son origine, à la bûche ? Elle nous vient d'Antoine Charabot, pâtissier parisien, qui l'inventa en 1879. Son collègue Pierre Lacam vendit la mèche dans Le glacier classique et artistique e...

Soul Kitchen : amour, Heimat et panure

Sur le papier, Soul Kitchen a un goût de réchauffé : Zinos, un gentil looser, tente de garder sa copine partie s'installer à Shanghai, de tenir à flot son business et de gérer un frère voyou au cœur tendre. Mais le supplément d'âme de cette comédie vue et revue est son décor : un restaurant, le "Soul Kitchen", situé dans un quartier populaire d'Hambourg et victime de l'appétit des vilains promoteurs immobiliers - un pléonasme au cinéma. Rien ne va plus au Soul Kitchen depuis que notre héros a embauché un cuisiné archi-doué mais caractériel. La clientèle habituelle boude la nouvelle carte, préférant les plats huileux et panés d'avant... Soul Kitchen s'inscrit dans la continuité des Heimatfilms ("films de terroir"), un genre typiquement allemand qui fleurit dans les années 1950. Le Heimat , mot intraduisible en français, est le cocon, un endroit où l'on se sent bien, chez soi. Ce peut être une maison, un village, une ville, une région ou ...

Le Fondateur & Your Name : l'église au milieu du village

Sur le papier, un film sur Mc Donald's à l'air aussi appétissant qu'un Filet-O-Fish tiède. Et pourtant, Le Fondateur se place aux côtés du Social Network de Fincher dans la catégorie "grands biopics d'entrepreneurs détestables". Tout comme Zuckerberg, Ray Kroc a chipé un concept à deux autres naïfs pour le développer au-delà des espérances. Ray et Dick Mc Donald ont inventé dans leur resto de Bernardino (Californie) la rationalisation de la cuisine, permettant réduisant à 30 secondes le trajet d'un hamburger du grill jusqu'au comptoir. Fini les voiturières, service au comptoir, plus de tables ni de couverts... Le fast food était né. Ray Kroc, un modeste vendeur de machines à milkshake, sentant le potentiel, s'occupa de franchiser le restaurant à travers tous le pays, puis racheta la marque aux frangins qui ne partageaient pas cette stratégie expansionniste. Kroc croqua les deux Mac Donald et le fast-food devint roi.   "Le travail est le steak...

Une Valse dans les allées : géopolitique des stocks

La belle idée d' Une Valse dans les allées , titré simplement "Dans les allées" en VO ( In den Gängen ) est son décor : les stocks d'un grand supermarché. Qui peut se douter de ce qui se trame dans cet espace aux propres logiques ? On y suit Christian, jeune homme mutique au passé trouble, durant sa période d'essai en tant que manutentionnaire. Il est affecté à l'allée des boissons. Bruno, briscard du chariot élévateur, lui apprend les ficelles du métier. On découvre alors que la zone de stocks est soumise à différents conflits. Le secteur "boisson" ne s'entend pas bien avec les "conserves", mais très bien avec la "confiserie". La "confiserie" est en bisbille avec "l'épicerie fine" et les "surgelés" - surnommés aussi "la Sibérie". "L'animalerie" est ok avec les "produits de nettoyage", mais personne ne sait pourquoi... Chaque secteur a son propre chariot éléva...

Le Voyage de Chihiro : la nourriture à tous les étages

La nourriture est indissociable des films du studio Ghibli, tant et si bien qu'en 2017 naissait sur Instagram le hashtag #GhibliFood.  Petite revue des nombreuses fonctions de la bouffe dans Le Voyage de Chihiro .   - Un péché d'orgueil Dans cette ville à l'abandon, les parents de Chihiro découvrent un stand richement garni de mets délicieux. Ils s'empressent de s'assoir et de se baffrer. La fillette est mal à l'aise et s'inquiète de ce que diront les gens du parc. "J'ai ma carte de crédit" répond le père. Les parents représentent un Japon moderne, consumériste, faisant peu de cas d'autrui. Leur orgueil (et gourmandise) sera puni puisqu'ils seront transformés en gros cochons.     - Un antidote Lorsque la nuit tombe sur le parc, Chihiro commence à disparaitre. Haku lui donne une baie à manger afin qu'elle ne se transforme pas en cochon.     - Un moyen d'échange Face au refus de Lin de s'occuper de Chihiro, le viellard-araig...

Neighborhood Food Drive : hipsters, fooding et startupers

Faut-il organiser une collecte alimentaire de quartier pour se refaire une image lorsque son restaurant a reçu de mauvaises critiques ? La réponse est NON si l'on en croit Neighborhood Food Drive . Dans cette comédie mordante au rythme apathique, Madeline et Naomie, deux propriétaires d'un restaurant branchouille de Chicago pensent qu'aider leur communauté en faisant une bonne action permettra de se refaire la cerise.  Pour réussir cette mission, elles agrègent un petit groupe hipsters (stagiaire, serveur, prof) comme elles. Leur vacuité fera tout le sel du film. Si chacun met un enthousiasme presque embarrassant à concrétiser cette grande fête de charité, c'est avant tout afin de combler un égoïsme émotionnel et sentimental. Ces personnages ne parlent qu'en répliques creuses, cherchent à résoudre des problèmes qui n'en sont pas, et semblent incapable d'affronter la réalité. Madeline et Naomie gèrent leur restaurant comme une startup d'application mobile...

American Psycho : frime et coulis de tomate

Ce qui est fort pratique avec le coulis de tomate, c'est que ça ressemble à s'y méprendre à du sang... Aussi, en faisant ruisseler un liquide rouge que l'on prend d'abord pour du sang avant de réaliser qu'il s'agit de sauce versée sur une assiette blanche, American Psycho annonce dès son générique d'ouverture la grande affaire du film : méfiez-vous des apparences. Elles sont évidemment trompeuses. Et la fin du film, qu'on ne rappellera pas ici, réaffirme l'idée qu'il ne faut jamais prendre pour argent comptant ce que nous raconte le narrateur. Quand bien même le film épouse son point de vue.  Poursuivons. Dans American Psycho la nourriture permet de renforcer toute l'artificialité de l'univers des yuppies new-yorkais des années 1990. Les plats nommés par les serveurs de ce restaurant chics sont, si l'on y prête attention, pas si extraordinaires : raviolis aux calamars dans un bouillon de citronnelle, profiteroles aux chèvres et cés...